Agnès de Lestrade, Zosia Dzierzawska

« Maman parle aux pommes. » Drôle d’idée, pense le jeune lecteur ! « Mais aussi aux cerises, aux salades et aux radis. » On voit son fils en train de la suivre dans les rayons du marché en l’observant. Il ne comprend pas, mais il la regarde gentiment tandis qu’elle ne parle pas aux raisins secs pour qui c’est trop tard, puisqu’ils sont morts.

En revanche, son fils se fâche très fort lorsque ses camarades de classe le traitent de « fils de la foldingue ». Alors il utilise ses poings, bien que papa lui ait dit qu’il vaut toujours mieux se battre avec des mots.

Avec les mots, maman est très bonne, quand elle lui raconte des histoires le soir dans son lit. Elle a une imagination extraordinaire, mais c’est difficile de la consoler lorsqu’elle s’absente et  pleure sur le sort d’une pomme pourrie. Heureusement, papa qui est très gentil avec elle, trouve les bons arguments.

Pour la fête de l’école, ses parents ont préparé de bons desserts. Mais voilà que maman disparait. Ils la retrouvent avec des élèves groupés autour d’elle et captivés par ses récits. La maitresse lui confie alors le rôle de raconteuse d’histoires à la bibliothèque une fois par semaine. « Maintenant, quand maman n’est pas à la maison, elle n’a pas disparu : elle est juste à la bibliothèque. »

Joli et attachant, cet album présente l’immense intérêt d’aborder, pour les plus jeunes, les petits troubles de santé mentale. Entourée d’attention et de tendresse, l’héroïne du livre trouve la meilleure des thérapies en faisant profiter les enfants de sa différence et de ses talents de conteuse.