Collectif de poètes, Lucile Placin
Voici une anthologie qui rassemble une vingtaine de grands de la poésie récente.
Soutenue par la beauté des images qui l’illustrent, elle donne à ressentir au jeune lecteur la profondeur des trois mots-clés de son titre.
Laissons place à quelques mots de ces poètes, pour un tout petit aperçu de l’album.
« Sur le visage de ta mairie, / un poème de trois mots est écrit. / Liberté / c’est un oiseau qui l’a gravé / il vole si haut, au-dessus de tous les murs, / qu’il sait par cœur / combien elle mesure, / la liberté […] » (Alain Serres)
« On m’a coupé la parole. / Mes mots furent hachés menu, / en miettes, si tu savais. /Mais toujours, j’ai répondu […] / On m’a coupé la parole. / Cent fois je l’ai recollée. / Me voilà. » (Carl Norac)
« Au poète en prison / on peut tout / prendre tout / mais pas ses mots / de sel / qui transpercent / les portes / jusqu’à toucher / les cœurs » (François David)
« Je suis très fort en calcul poétique / dans mes comptes bizarres / plus j’additionne / plus c’est égal / plus je compare / plus c’est pareil […] » (Jean-Pierre Siméon)
« Inconnu / pardonne-moi / de n’avoir pas demandé ton nom / de n’avoir pas arrêté mon regard dans le tien / d’avoir oublié que nous sommes deux notes / sur la même portée […] » (Bernard Friot)
« Chaque langue porte en elle / tous les baluchons de son histoire / et chaque enfant qui la parle / porte en lui le bourgeon / de sa propre liberté […] » (Alain Serres)