Luca Tozzi, Ana Terral
La petite Clara vient de se réveiller en pleine nuit. Elle doit avoir perdu le sommeil pense-t-elle. Perdu au sens propre, comme on perd un objet. « Où est-il passé ? Je dois le retrouver, sinon je ne pourrai pas me rendormir. » Alors elle le cherche. Elle fouille partout, dans son lit, en dessous, dans les tiroirs de sa commode, sur ses étagères. Plus elle prospecte, plus elle se sent réveillée. Elle explore le reste de la maison. D’amusantes aquarelles la montrent fouinant dans quelques placards, dans l’aquarium des poissons rouges ou dans des pots de fleurs.
Si elle ne le trouve pas, c’est sans doute qu’il est sorti. La voilà donc qui part à sa recherche, son doudou à la main, dans une ville bien calme aux peintures pleine page de ce grand album. Il y a de la lumière à la boulangerie-pâtisserie. Clara s’enquiert auprès du boulanger. « Non petite, je ne l’ai pas vu. Mais si tu veux, je peux te donner un peu du mien. J’ai tellement sommeil que je ne tiens plus debout. ». L’échange se fait pour le plus grand bien du boulanger. Nouvelle étape, Clara entre dans un bar où un employé de surveillance prend une petite pause. Non, pendant sa ronde, il n’a pas rencontré le sommeil de la fillette, mais, il lui cède un peu du sien, tant ses yeux à lui se ferment. Encore une rencontre avec une soliste d’orchestre qui n’en peut plus et lui transmet un peu de sa somnolence.
La quête de Clara, en forme d’amusante plaisanterie, peut être un astucieux auxiliaire pour l’histoire du soir, d’autant qu’elle se termine par d’irrépressibles bâillements !